The Big Project 1 : Roumanie

Catégorie : #voyages

Tags : big project, decouverte, roumanie, voyages

Introduction

Dans le courant du mois d’août 2019, j’ai eu l’occasion de partir pendant deux semaines en Roumanie dans le cadre de mon projet de voyage pour l’année universitaire 2019-2020, comme je l’avais annoncé dans un de mes articles.
Cela faisait un petit moment que je n’avais pas fait de voyage et je dois bien avouer que ça me manquait un peu. C’est pourquoi j’ai profité de ces vacances d’été pour me ressourcer là-bas, d’autant que l’on connaît peu le pays. En France, on entend peu parler de la Roumanie : on sait que sa capitale a un nom proche de celle de la Hongrie (Budapest ressemble beaucoup à Bucarest sur une carte) et on associe malheureusement les Roumains à des personnes peu recommandables et qui volent beaucoup. Cette assimilation vient en grande partie d’une confusion entre le peuple roumain et certains membres de la communauté rom, un peuple nomade qui vit dans une région incluse dans plusieurs pays, dont la Roumanie (voilà pourquoi ils peuvent parler roumain).
Vu ce portrait, le pays ne semble pas très accueillant, pourtant mon expérience là-bas a été radicalement différente de ce que l’on pourrait croire. C’est pourquoi je vous propose de vous résumer un peu mon expérience dans cet article.

Bucarest, une drôle de capitale

La première étape de mon séjour s’est faite à Bucarest, la capitale de la Roumanie. Plus grande ville du pays, elle est composée d’un centre que l’on peut qualifier d’historique et de quartiers modernes avec quelques buildings, même s’ils ne sont pas très nombreux et qu’ils sont surtout situés en périphérie.
Globalement, elle ressemble à la plupart des villes que l’on pourrait trouver ailleurs, à l’exception près que son atmosphère m’a paru étrange au premier abord. En effet, j’ai constaté que le centre-ville était constitué de nombreux bâtiments à la peinture défraîchie et craquelante, comme si les bâtiments avaient mal vieillis ou bien subi une catastrophe il y a longtemps et qu’ils n’auraient été refaits qu’à moitié. Même dans une des rues les plus importantes, certains bâtiments ne semblaient plus tout jeunes et avaient bien besoin d’un peu de rénovation. Cela est un peu dommage d’un certain point de vue, puisqu’une capitale est censée représenter au mieux le pays, agir comme une sorte de vitrine d’exposition pour les visiteurs étrangers.
Néanmoins, Bucarest abrite de nombreux bâtiments intéressants à découvrir, comme le Musée des Beaux Arts et sa collection de tableaux (point bonus pour les tableaux impressionnistes que l’on peut trouver sur place) ou encore le Palais du Parlement. Je vais m’attarder un peu sur ce dernier, car il représente à lui tout seul l’état de la ville selon mon avis (du moins une partie).
Le Palais du Parlement (Palatul Parlamentului) est un immense bâtiment administratif (le 2e plus grand du monde) conçu sous l’ordre de Nicolae Ceaușescu, le dictateur « communiste » ayant dirigé la Roumanie vers le milieu du XXe siècle, qui avait pour but de réunir l’ensemble des institutions gouvernementales du pays (question de contrôle). N’ayant pas été fini à la mort du dictateur et ayant échappé à la destruction, il est aujourd’hui le siège du parlement roumain et du sénat et est connu pour n’être qu’à 30% utilisé, certaines parties n’ayant même pas été terminées. Concernant son coût de construction, il ne représente que 40% du PIB du pays sur une échelle de plusieurs années, autant dire que cela a coûté cher pour le construire. Il est en partie visitable aujourd’hui et un tour est même disponible en français (il se déroule tous les jours à 14h30 pour les curieux).
S’il peut être vu comme un représentant de la ville, c’est parce qu’il résume bien cette impression de « travaux non terminés » qui règne dans une grande partie de la ville, même si les choses ont tendance à s’améliorer avec le temps. Il est également un symbole du désaccord qui peut résider dans la société roumaine, du fait que certains défendent ardemment les projets du gouvernement, alors que d’autres voient les choses sous un autre angle et souhaiteraient du changement.

Le Palais du Parlement de Bucarest
Le Palais du Parlement de Bucarest

Concernant l’ambiance locale, on peut dire que les Bucarestois ressemblent beaucoup aux citadins français, à l’exception que certains aiment bien montrer leur richesse au volant de berlines allemandes (elles sont nombreuses en ville notamment). Le tri est d’ailleurs assez présent dans la capitale et est plutôt bien respecté, si on compare la situation de Bucarest avec celle des régions intérieures.

Alentours de Brasov

En guise de deuxième étape de mon voyage, je me suis arrêté au pied des Alpes de Transylvanie, dans la partie sud des Carpates, pour visiter les alentours de la ville de Brașov, une des villes importantes de la région. Directement connectée à Bucarest par une voie ferrée, c’est principalement par train qu’on a visité la région avec ma petite amie, bien que nous sommes allés en voiture pour visiter le fameux château de Bran, la résidence mythique du vampire Dracula. Car oui, cette ville est située à une dizaine de kilomètres du dit château.

Brașov

Capitale du județ (équivalent de nos régions françaises) du même nom, Brașov est l’une des premières villes que l’on a visitées durant cette deuxième étape. Elle est principalement connue pour abriter l’une des plus grandes églises protestantes du pays, l’Église Noire (Biserica Neagră), et pour être une grande ville touristique de la région. En effet, son centre-ville et sa grande place offrent un contraste assez frappant si on la compare à Bucarest et je dois bien avouer que l’architecture des bâtiments est très colorée et agréable à contempler. Bien que nous ne l’ayons visité qu’un seul jour, je garde un agréable souvenir de cette petite ville de Transylvanie.

Centre-ville de Brașov
Centre-ville de Brașov

Sinaia

Une autre ville importante de cette région n’est autre que Sinaia, une des stations que les rois et reines de Roumanie appréciaient particulièrement comme résidence estivale. En arrivant en gare, on constate dès le premier coup d’oeil les efforts des habitants pour entretenir les lieux, notamment la façade de la gare qui est certainement l’une des plus belles que j’ai vues.
En amont de la ville, on peut trouver notamment le château de Peleș, l’ancienne résidence des rois roumains qui fut construite entre 1873 et 1914 et qui est aujourd’hui l’une des principales attractions touristiques de la région. Étant un amateur de châteaux en tout genre, je dois dire que j’ai beaucoup apprécié la visite de cette bâtisse, d’autant que le cadre choisi pour sa construction est à la fois charmant et reposant, vu que le château est entouré de forêts et de falaises montagneuses. De plus, le style architectural est grandement différent de ce que l’on peut trouver en France ou en Allemagne, bien qu’il soit inspiré par les styles allemands de l’époque (les colombages en sont un parfait témoin).
En parallèle, on peut également trouver en contrebas un monastère orthodoxe équipé d’une grande église, ainsi qu’un autre château rattaché à celui de Peleș, le château de Pelișor (soit « petit Peleș », le suffixe or signifiant « petit » en roumain).

Château de Peleș
Château de Peleș
Château de Pelișor
Château de Pelișor

Sibiu

Pour la troisième étape du voyage, je me suis dirigé avec ma petite amie en direction de la ville de Sibiu, une ville située au milieu de la Transylvanie et qui est surtout connue pour être la capitale représentative de la minorité allemande du pays. Par le passé, la Roumanie n’a pas toujours été un pays uni et il faut savoir que la Transylvanie n’a été intégrée que tardivement, soit au début du XXe siècle, d’autant que Sibiu est longtemps restée une ville exclusivement allemande avant de devenir une ville roumaine. L’architecture allemande des principaux bâtiments administratifs ou bien la présence de panneaux bilingues à l’entrée de la ville ou bien sur les plaques des rues sont autant de signes de l’influence étrangère qu’a subite la ville auparavant.
Durant notre séjour à Sibiu, on a également eu la chance de participer à un festival médiéval qui se déroule chaque été dans la région et où on peut trouver quelques produits locaux, que cela soit des objets décoratifs ou bien de la nourriture. Soit dit en passant, pour les amateurs de bière, la bière locale est une petite merveille si vous avez l’occasion de passer dans le coin (et en plus, elle n’est pas chère).

Centre-ville de Sibiu
Centre-ville de Sibiu
Panorama de Sibiu
Panorama de Sibiu

Sighișoara

Durant notre escale à Sibiu, nous avons pris une journée pour nous rendre dans la petite ville de Sighișoara, une cité fortifiée située à une heure et demie de train de Sibiu. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle est principalement connue pour son patrimoine historique et pour être, selon une légende locale, le lieu de naissance de Vlad l’Empaleur, un prince roumain ayant inspiré en partie le personnage de Dracula.
Si on s’intéresse aux endroits de la ville qui méritent le détour, on peut citer entre autres l’Église orthodoxe de la Sainte-Trinité ou encore la place fortifiée de la vieille ville, visible depuis l’Eglise et qui domine le haut de la ville. Là-haut, nous avons entre autres visité la Tour de l’Horloge, une grande tour faisant office de porte d’entrée de la cité et arborant une grande horloge et un système de poupées mécaniques qui s’active toutes les heures. Le charme de l’endroit est surtout marqué par l’excellente conservation de la vieille ville, qui a même su résister aux affres du régime autoritaire que le pays a connu. Avec Brașov, elle fait partie de mon classement des plus belles villes que j’ai visitées (en même temps, j’aime beaucoup les villes médiévales et fortifiées, voilà pourquoi).

Tour de l'Horloge à Sighișoara
Tour de l’Horloge à Sighișoara

Constanța

Après notre balade en Transylvanie, nous avons choisi de faire notre dernière escale au bord de la mer Noire, dans la station balnéaire de Constanța. Constanța est une ville portuaire située à 5 heures de train de Bucarest et qui est connue pour être l’une des principales destinations de vacances des Roumains en été, notamment à cause de la plage de Mamaia, une des plages les plus fréquentées du pays en été.
Pour le coup, on n’a pas vraiment fait une visite des lieux, vu que notre séjour était déjà assez chargé par notre petit tour de Transylvanie, mais on n’a profité de l’occasion pour aller se baigner dans la mer et profiter un peu du bon temps, histoire de revenir détendu en France pour la rentrée. Bien que les vagues étaient assez fortes pour le coup, c’était très agréable de se baigner dans la mer Noire, d’autant qu’elle ressemble légèrement à la mer Méditerranée pour ceux qui ont l’habitude d’y aller. D’ailleurs, pour l’anecdote, il faut savoir que sur la stèle située à l’entrée de la ville, on peut trouver la citation traduite d’un grand poète français, à savoir Charles Baudelaire (un de mes écrivains préférés qui plus est !).

Quelles impressions ?

En fin de compte, que penser de la Roumanie après ce voyage ?
Personnellement, je trouve que la Roumanie est un pays très intéressant à explorer et que nombre de ses paysages sont exceptionnels, qu’il s’agisse de paysages naturels ou bien de bâtiments à l’architecture particulière. La plupart des clichés qui courent en France ne sont que des situations rares et isolées, dans le sens où le pays est relativement sûr et où les gens sont sympathiques en règle générale. Je suis très content d’avoir eu l’occasion d’aller là-bas en vacances et je dois bien avouer que je pourrais être tenté d’y retourner un jour, que cela soit pour les vacances ou non.
En tout cas, je dois dire que cette première destination m’a donné une vraie envie de découvrir certains coins d’Europe et cela me conforte grandement dans l’idée de continuer mon projet de voyage. J’ai déjà hâte de vous faire part de mes prochaines expériences de voyage. En attendant, je vous dis à la prochaine !


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